Selon le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), la précarité menstruelle désigne « les difficultés de nombreuses femmes et filles à se payer des protections hygiéniques à cause de leurs faibles revenus ». Environ 65% des femmes en âge de procréer en Afrique sub-saharienne n’ont pas accès à des produits menstruels de qualité et abordables, ce qui peut entraîner des absences à l’école pour 10% des filles dans certains pays de la région. Cette situation est causée par divers facteurs tels que la pauvreté, les inégalités de genre, les barrières culturelles, l’accès limité à l’eau potable, aux installations sanitaires adéquates et aux soins de santé adéquats.
L’arrivée des menstruations est un moment crucial dans la vie d’une femme, mais pour beaucoup, cela peut être un calvaire en raison de la stigmatisation et des tabous entourant ce sujet. En Afrique, tout est mis en place pour nier leur existence au point que certaines femmes ne les découvrent qu’à la date de leur ménarche. Cela est particulièrement préoccupant, car une éducation insuffisante et inadéquate sur les menstruations peut avoir des conséquences négatives sur la santé des femmes. Pour sensibiliser sur la précarité menstruelle et briser ces tabous, la journée de l’hygiène menstruelle a été instaurée le 28 mai, en référence à la durée moyenne d’un cycle menstruel et au nombre de jours moyens de la durée des règles.
Dans de nombreux pays, les produits d’hygiène menstruelle sont considérés comme des articles de luxe plutôt que des produits de première nécessité, ce qui les rend inaccessibles à de nombreuses personnes. Pour pallier ce manque, de nombreuses femmes et filles utilisent des matériaux de fortune tels que des chiffons, des journaux, des feuilles ou des morceaux de mousse pour gérer leurs règles, ce qui peut entraîner des infections et des problèmes de santé. Malheureusement, avec l’inflation, la précarité menstruelle affecte désormais également les couches sociales qui étaient jusqu’alors plus ou moins privilégiées. Si vous avez déjà été contraint de remplacer une serviette hygiénique par du papier toilette, réduit votre fréquence de changement pour économiser ou demander à quelqu’un de vous en offrir, car vous ne pouvez pas en acheter, alors vous avez déjà expérimenté la précarité menstruelle.
Il est important de continuer d’en parler, car elle peut avoir de graves conséquences pour la santé et le bien-être des femmes et des filles. En effet, l’utilisation de matériaux de fortune sus-cités peut entraîner des infections et des problèmes de santé tels que la vaginose bactérienne ou le syndrome de choc toxique. De plus, l’absence de protections hygiéniques appropriées peut amener les femmes à éviter l’école, le travail et les activités sociales pendant leurs règles, entraînant un manque d’éducation, de revenus et de participation à la vie communautaire. Les inégalités de genre et la stigmatisation des règles peuvent également affecter la santé mentale et le bien-être émotionnel des femmes et des filles. La précarité menstruelle peut perpétuer le cycle de la pauvreté en entravant la capacité des femmes à accéder à l’éducation, à l’emploi et à la participation économique.
Pour lutter contre cette précarité, il est important de sensibiliser le grand public et les responsables politiques à la précarité menstruelle et à ses conséquences sur la santé et le bien-être des personnes concernées. Des initiatives telles que la distribution gratuite de produits menstruels dans les lieux publics et les établissements scolaires, ainsi que la promotion de produits menstruels durables et réutilisables, peuvent contribuer à réduire la précarité menstruelle et à lutter contre les inégalités sociales plus larges qui y sont associées.
Iléwa a pris des mesures pour lutter contre la précarité menstruelle en agissant sur deux niveaux. Tout d’abord, depuis 2020, des ateliers de fabrication de serviettes hygiéniques lavables et réutilisables ont été organisés pour les filles issues de communautés défavorisées. Ces ateliers visent à sensibiliser les filles à l’hygiène menstruelle et leur apprendre à fabriquer leurs propres serviettes hygiéniques à moindre coût. Ces ateliers se déroulent sur une période de 3 ans pour toucher un maximum de filles. De plus, à travers Iléwa académie, les jeunes filles non scolarisées et scolarisées des milieux ruraux bénéficieront d’un encadrement spécialisé pour les aider à surmonter les obstacles liés à la précarité menstruelle. Ces initiatives aideront les filles à accéder à des produits hygiéniques et à une éducation de qualité sur la santé menstruelle, tout en réduisant les coûts et en brisant les tabous associés aux menstruations.
