Le concept de « violences gynécologiques et obstétricales » a émergé dans les années 2000 en Amérique latine, porté par les militantes féministes. Aujourd’hui, cette réalité préoccupante touche l’Afrique de l’Ouest, suscitant l’attention des acteurs nationaux et internationaux. Cet article examine l’état des lieux de ces violences, explore leurs origines et propose des solutions pour garantir une expérience positive de l’accouchement.
I/ Les multiples facettes des violences gynécologiques et obstétricales
Les violences gynécologiques et obstétricales prennent diverses formes, allant des soins malveillants aux actes chirurgicaux sexistes. L’OMS identifie sept catégories de maltraitance, La violence physique (recours à la force) ;Les violences sexuelles ;Les violences verbales (menaces, railleries) ;La discrimination et la stigmatisation (fondées sur le genre, l’ethnie, l’âge etc…) ;Le non-respect des standards professionnels (négligence, violation de la confidentialité) ;La mauvaise relation soignante·s/soigné·e·s ;Les contraintes liées au système de santé (manque de matériel fondamental)[4].
mettant en lumière la dégradation de la qualité des soins. Ces violences résultent du pouvoir et du contrôle exercés par les systèmes sociaux et les individus sur le corps des femmes.
II/ Les causes profondes des violences
Déséquilibre dans la relation soignante-soignée : Le fossé entre les soignants et les soignés en termes de capital culturel et symbolique, accentué par des taux élevés de mortalité maternelle, crée un terrain propice aux violences.
Mauvaises conditions de travail : Les politiques d’assainissement imposées par des institutions internationales ont affecté les conditions de travail des personnels de santé, entraînant frustrations et parfois corruption.
Influence des traditions : Les normes culturelles peuvent entraver l’accès aux soins de qualité, contribuant à la stigmatisation des femmes et à des pratiques médicales préjudiciables.
III/ Solutions pour une expérience positive de l’accouchement
- Recommandations de l’OMS : Une approche holistique, englobant la gestion de la douleur, le soutien psychologique, et l’empowerment des patient·e·s, est essentielle pour améliorer la prise en charge obstétrique.
- Reconnaissance juridique régionale : La Charte des soins de maternité respectueux marque une première étape vers la reconnaissance des droits humains liés à la maternité. Son application doit être suivie de changements concrets dans l’organisation des structures de soins.
Conclusion :
L’Afrique de l’Ouest fait face à des défis importants en matière de violences gynécologiques et obstétricales. La mobilisation des acteurs nationaux et internationaux est cruciale pour instaurer des changements durables. Transformer les aspects logistiques, la législation et les pratiques médicales permettra une amélioration significative de la prise en charge gynécologique et obstétricale. En fin de compte, cela contribuera à créer un environnement propice à l’autonomisation des patient·e·s et à une expérience positive de l’accouchement.
