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Assiba, le drame d’un viol consommé (Part 2)

Le viol. Précédemment

On dirait qu’elle attendait juste que je ne finisse la phrase pour lâcher la pression. Elle éclate en sanglots. Les larmes coulaient seulement. Sans effort. Moi toujours assise derrière le bureau, je me suis plongée dans un silence sourd. Je n’ai pas arrêté de la fixer. Elle avait l’air tellement innocente…

      Le visage du Viol

Deux minutes se sont écoulées. Je suis restée là. Silencieuse. Je pense qu’elle en avait besoin.

Pour une fois, depuis qu’elle est là, elle me regarda. Les larmes ne coulaient plus. L’expression de son visage a brusquement changé. On dirait un chien enragé, qui se retient d’aboyer. Ses yeux étaient rouges, chargés d’amertumes. Ah non, là ce n’était plus la fille timide. Elle me lance un regard sec.

Pendant que je réfléchissais à quoi dire pour casser l’atmosphère.

Elle ouvrit la bouche, hésita, puis…

Asssiba : J’ai été violée

Moi : Violée ? Violée ? Tu as été victime d’un viol? J’ai répété plusieurs fois le mot. Un peu comme pour permettre à mon esprit d’en appréhender le sens.

-Tu veux me raconter ?

Elle acquiesça de la tête.

Assiba: J’étais allée remettre à manger à un fofo, il tenait une boutique de MTN à coté de nous. Il a pris le plat et m’a poussé dans un coin de la boutique…

A présent, elle fixe la table. Deux gouttelettes de larmes chutèrent, après avoir glissé le long de ses joues. J’étais encore vierge, finit-elle.

Moi : Il est de ta famille ?

Assiba : Non. Ma mère vend à manger, et je l’aide à servir les clients, quand je reviens de l’école. C’est donc elle qui m’a envoyé vers lui, pour lui remettre le plat.

Moi : Encore sous le choc. Une colère me monta à la gorge. Non,ce n’est pas le moment. Tu en avais parlé à quelqu’un à l’époque ?

Elle fit signe que non en hochant la tête.

Assiba: J’avais trop peur. J’avais honte d’en parler. Je n’ai pas d’amis. Et je ne discute avec personne à part ma mère. Mais on ne parlait pas de ces genres de choses. Je ne savais pas comment lui en parler. J’avais trop honte.

Fofo…, le violeur

Moi: Le fofo en question est où actuellement? (Fofo : grand-frère en fon, mais c’est un mot qu’on utilise souvent pour n’importe quel homme moyennement plus agé que soi, pour lui témoigner du respect. Sans qu’il ne soit nécessairement de la famille)

Assiba : Je ne sais pas, depuis le lendemain de l’acte, je ne l’ai plus jamais revu.

Moi : ça s’est passé quand ?

Asssiba : En novembre

Moi : Il y a quand même quelqu’un dans la boutique actuellement ?

Assiba : Il y avait quelqu’un. Mais ils ont finalement fermé la boutique.

Moi : Connais-tu le propriétaire ?

Assiba : Non.

Moi : Ok. Et il s’appelle comment le fofo. Tu as son numéro ?

Assiba : Non. Je ne connais même pas son nom.

Moi : Une dernière question. Quand tu n’as pas eu tes règles, ça ne t’a pas alarmer ? Tu ne t’es pas dit que ça pouvait être une grossesse ?

Assiba: Non pas du tout. Je ne savais pas qu’on pouvait tomber enceinte comme ça. Entre temps, j’avais manqué mes règles comme ça, pendant trois mois. Mais c’est revenu après. Ma mère a dit que c’est « Noudogbè » (un mot utilisé en fon pour désigner les myomes, en français, ça veut littéralement dire « être vivant »). Je n’avais pas du tout songé à une grossesse.

A ce moment je réalisai à quel point ça devient plus compliqué.

Moi : Ta mère est au courant de l’histoire du viol maintenant ?

Assiba : Oui, je lui ai tout raconté récemment. On a fait le test hier, mais ils ont dit que ce n’était pas clair.

L’examen

Moi : Bon, maintenant on peut passer à l’examen. Vas dans la salle à coté, tu vois la table là? si tu as un pagne sur toi, étales dessus. Ensuite, tu vas complètement te déshabiller et t’installer. Dis-moi quand tu es prête stp.

Je l’examinai.

Nous revînmes ensuite dans le bureau. Je me mis à remplir les paperasses.

Moi : Assiba, appelles ta mère stp. Dis-je sans sortir le nez du dossier que je remplissais.

To be continue…

Salut les amis, merci d’être resté jusqu’à la fin de la deuxième partie. N’oublies pas de me laisser tes commentaires. Et surtout ne gardes pas pour toi. Cette histoire mérite d’être lue par tous, parce que le viol est parfois si proche de nous.

5 commentaires sur “Assiba, le drame d’un viol consommé (Part 2)

  1. Je viens d’être servi. Le violeur enfin connu et cette histoire nous montre une fois encore les défis qui restent à relever dans nos sociétés en matière de Droit et santé sexuelle reproductive des jeunes et adolescents. La pauvre innocente Assiba. J’espère que Monsieur le violeur aura pour son compte.
    En tout cas belle histoire Nafi. Bravo

  2. Le tabou sur le viol doit être levé.
    Les femmes et les filles doivent pouvoir accéder à la justice. C’est notre responsabilité à tous de créer un environnement favorable à la dénonciation.
    Bravo Nafissate

  3. C’est vraiment triste comment la passivité des parents sur la vie sexuelle des enfants peut avoir des effets dramatiques. Des associations comme la vôtre doivent être décentralisée afin de se rapprocher des adolescents et des jeunes ; ceux et celles qui ont besoin d’une oreille attentive pour se confier et adopter une vie sexuelle responsable

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