L’Avortement et la justice reproductive : La révolution inachevée 3 (Part 1)

La conférence internationale sur l’avortement et la justice reproductive  est un évènement  marquant de l’année pour les droits reproductifs de la femme. Devinez qui y était!! L’expérience et le savoir acquis au cours de cette Conférence valaient tout simplement ma présence à l’université de Rhodes à Grahamstown.

La partie 1 de l’histoire vous donnera une idée assez claire de ce qu’est cette conférence et dans quel contexte elle intervient.

La Conférence internationale sur l’avortement et la justice reproductive a pour objectif principal de rassembler des chercheurs, des activistes, des décideurs, des professionnels de la santé, des artistes et des interprètes de différentes disciplines (politique sociale, criminologie, sociologie, droit et politique, santé et droits des femmes, médecine, psychologie ; histoire, arts) travaillant ou luttant  pour l’accès à l’avortement sans risque partout dans le monde. Cette conférence offre aux délégués une plateforme pour explorer, identifier, partager et accéder aux opportunités d’apprentissage et de recherche sur un éventail de questions relatives à l’avortement et aux droits reproductifs, y compris l’accès à l’avortement, l’activisme et les politiques d’avortement.

La conférence s’est tenue à l’université de Rhodes à Grahamstown en Afrique du Sud du 08 au 12 Juillet 2018. Elle a  fait suite à deux autres conférences qui ont eu lieu au Canada en Aout 2014 et en Irlande du nord en Juillet 2016. Cette troisième édition accueillie en Afrique est stratégique et vise à ouvrir le dialogue sur l’avortement. Apporter   l’érudition et l’exploration des problèmes liés à l’accès à l’avortement et à  l’activisme. Et ceci notamment pour les personnes vivant dans des pays où la juridiction restreint l’accès à l’avortement. La Conférence a été co-parrainée par le ministère du développement social de l’Afrique du Sud, l’université de Rhodes et la coalition pour la justice sexuelle et reproductive. Par ailleurs Les différents ateliers et panels au cours de ces sessions ont été abordés par des universitaires, des militants, et des fournisseurs de service du monde entier.

Mais Pourquoi faire une conférence internationale sur l’avortement ? Allez-vous peut être me demander ?

La conférence internationale vient dans le contexte où l’avortement est un sujet tabou parfois mal connu mais très important dans l’histoire des droits humains, des libertés et particulièrement des droits des femmes. L’avortement est légalisé jusqu’à présent dans quatre pays africains: l’Afrique du Sud, la Tunisie, le Cap vert et la Mozambique. La plupart des autres pays africains ont des lois très restrictives sur l’avortement et d’autres l’interdisent encore strictement. Ceci malgré toutes les conséquences dramatiques que cette situation engendre dans la vie des femmes.

Voici donc le résumé en trois points des raisons qui justifient l’importance de cette conférence en Afrique.

1- L’accès à l’avortement sécurisé pour toutes comme une solution à un problème de santé publique

Dans la plupart des pays africains bien que l’avortement soit criminaliser par les lois, les femmes y font recours. Elles vont vers des personnes non professionnelles et obtiennent ces soins dans des conditions minables. Ce qui  rend l’avortement nocif pour la vie de la femme,et constitue une principale cause de décès maternel en Afrique.

2- L’accès à l’avortement sécurisé pour toutes comme une liberté, un droit humain

Mon corps, mon choix

Comme le stipule l’article 14 du protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme (Protocole  de Maputo) dans son alinéa 1 (a) stipule que la femme a le droit d’exercer un contrôle sur sa fécondité. L’alinéa 2(c) du même article (14) convie les États Africains à garantir l’accès à un avortement sécurisé pour les femmes en cas de viol,d’inceste,de malformation fœtale ou lorsque la grossesse porte atteinte à la vie ou à la santé de la mère.

Bien que la plupart des pays africains ait ratifié le protocole de Maputo, plusieurs pays tardent à engager les réformes juridiques nécessaires a l’intégration de ses dispositions pertinentes , dans leur législation interne en particulier, dans le domaine des droits sexuels et reproductifs.

En outre la promotion de la femme et l’égalité du genre concède à cette dernière le pouvoir de jouir en toute liberté de ses droits sexuels et reproductifs. Elle a le droit de faire ses propres choix en ce qui concerne son corps sans être juger.

 3- L’accès à l’avortement sécurisé pour toutes pour régler un problème d’inégalité social

Malgré la restriction des lois et la pénalisation de l’avortement dans certains pays, le service d’avortement sur et sécurisé existe pourtant mais réservé à une certaine catégorie de personne. Aussi il est aisé de remarquer que la majorités des victimes de complication des avortements à risque est issue du milieu défavoriser. En effet les professionnels qui offre ces soins d’avortements sécurisés y mette généralement un cout exorbitant. Ce qui oblige ainsi les personnes défavorisées à faire recours aux avortement à risque.

Cette Conférence a donc permis de faire le point des acquis et des défis liés à l’avortement dans le monde entier.

« Être libre,ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaines; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres » NelsonMANDELA

Je vous invite à travers cette citation de Nelson Mandela à laissez toutes vos préoccupations en commentaire et partager en max si vous êtes d’accord qu’il faut lever le tabou sur l’avortement. La suite de l’histoire  abordera beaucoup plus en détail les thèmes traités au cours de cette Conférence à Grahamstown.

3 commentaires sur “L’Avortement et la justice reproductive : La révolution inachevée 3 (Part 1)

  1. Il est réellement temps que les préjugés soient mis de côté et la problématique de l’interruption des grossesses abordée de façon objective. L’hypocrisie collective a toujours poussé les femmes à recourir aux avortements clandestins et à risque avec leurs conséquences alors que des soins complets d’avortements sécurisés constitueraient une alternative plus sûre et donc un gage de réduction de la mortalité maternelle
    Merci Nafi pour ce billet de blog.

  2. Moi je ne partage pas l’idée de rendre légale l’avortement en Afrique .ça va nous conduire à une vie de débauche ,où tout sera permi à tout âge. Bien vrai que ça va permettre aux d’éviter les avortements clandestins et réduire peut être le taux de mortalité.
    Mais vraiment si on doit se faire avorter à tout moment, quand on en a envi cela ne va pas créé d’autres problèmes ?
    Je préfère qu’on precaunise la planification familiale et une bonne éducation sexuelle.

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