L’avortement non médicalisé, l’autre danger qui tue les femmes

L’avortement est une pratique très ancienne, et fréquente dans le monde entier. Il touche toutes les catégories de femme, à n’importe quel moment du parcours de leur vie. Cependant, il reste un sujet qui fait souvent objet de désapprobation sociale, morale ou législative.

Ainsi, dans la plupart des pays en développement, l’avortement médicalisé est soit complètement criminalisé ou d’un accès restrictif. Les femmes font alors recours à l’avortement dans des conditions qui mettent en péril leur bien être. L’avortement à risque constitue de ce fait, un problème de santé publique. Un fait de société qui concerne tous les pays, toutes les époques et toutes les générations.

Ampleur du phénomène en Afrique

Des estimations faites par l’OMS (2010-2014) ; 35 femmes de 15 à 44 ans sur 1000 en moyenne, font recours à un avortement provoqué dans le monde. Ce chiffre correspond à 56 millions d’avortements par an, dont 25 millions sont considérés comme à risque. Par ailleurs, l’Afrique est l’une des régions qui enregistre la majorité des avortements à risque (29%) et des décès qui y sont liés (62%). Aussi, 60% de ces décès en Afrique, surviennent chez les femmes et les jeunes-filles de moins de 25 ans. Bien que l’avortement soit criminalisé dans la plupart de ses pays.

En somme, l’avortement à risque est l’une des principales causes de morbidité et de mortalité maternelle en Afrique. Au Bénin, il constitue la deuxième cause de décès maternel soit 15% des cas.

La législation sur l’avortement au Bénin

Depuis l’avènement de l’indépendance, les pays africains ont hérité du cadre législatif restrictif des pays colonisateurs. Dans les pays d’Afrique francophone, l’avortement était sanctionné par le Code pénal français de 1810, et régi par la loi française de 1920 réprimant « la provocation à l’avortement et à la propagande ‎anticonceptionnelle ». Ces lois répressives dont le continent a héritées n’ont malheureusement pas connu beaucoup d’avancées depuis l’indépendance.

Cependant, le Bénin comme certains pays africains, a légèrement assoupli sa législation. Après avoir ratifié le protocole de Maputo en 2003, il a adopté la loi 2003-4 relatif à la santé sexuelle et reproductive. Cette loi autorise l’avortement sécurisé dans trois cas :

  1. lorsque la grossesse est issue d’un viol ou inceste ;
  2. lorsque la grossesse met en danger la santé de la mère ;
  3. lorsque le fœtus porte une malformation grave.

Néanmoins, les femmes même dans les cas prévus par la loi, peinent à recourir au service d’avortement. Du fait de la complexité des dispositions juridiques autour, et la domestication de cette loi qui se fait toujours attendre.

Le choix, une nécessité pour les femmes

Dans un pays en développement comme le nôtre où :

  • L’éducation sexuelle est défaillante.
  • Les besoins non satisfaits en contraception sont encore en hausse (32% selon l’EDS 2018).
  • Les femmes représentent plus de la moitié de la population. Il est d’une grande importance d’être attentif aux besoins et au bien être de cette dernière. Le droit à l’avortement sécurisé pour toutes les femmes, permet de lever les barrières de l’inégalité sociale et réduit le taux de décès maternel.

Le droit de faire un choix et de décider, devient une urgence vitale et une nécessité pour les femmes africaines. Ceci est capital aussi bien pour leur bien-être que pour le développement du continent.

Sortir l’avortement de la clandestinité pour sauver la vie des femmes

L’avortement médicalisé sauve la vie des femmes

Il est temps que cette question de santé publique, qui touche toutes les époques soit reconnue et adoptée comme un acte médical relevant de la santé publique. Cette importante prise de conscience est urgente. Elle doit sortir l’accès à l’avortement médical de la restriction. Ce n’est en rien un encouragement ou une incitation au recours à l’avortement. Mais c’est une avancée dans l’esprit de la loi respectueuse de la vie. Respectueuse de la femme, et respectueuse de l’égalité.

Les lois sont faites pour évoluer et celle de l'avortement doit définitivement le sortir de la clandestinité. Cliquez pour tweeter

Un commentaire sur “L’avortement non médicalisé, l’autre danger qui tue les femmes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles Similaires

5 clés pour accompagner et gérer la crise de l’adolescent

Nous connaissons tous cette personne instable, infernale (rire) et qui rend parfois  la vie très dure à ses parents [l’adolescent ?… Lire la suite »

Top 10 des citations inspirantes sur l’éducation sexuelle publiées par iléwa

L’éducation sexuelle est l’ensemble des informations, des recommandations et des valeurs propres à une société qu’on transmet à l’individu sur sa… Lire la suite »

Comment parler de sexualité avec son adolescent : Conseils aux parents

Si l’éducation est une tâche assez difficile, bien qu’étant un droit inaliénable de l’individu et le devoir à accomplir par chaque… Lire la suite »

S'inscrire à la newsletter

Souscrivez à la newsletter pour recevoir les dernières nouvelles and mise à jour de Iléwa.

Inscription avec Succès.